J'écoute : mes amants crier mon nom...
Je regarde : avec les yeux du bovin qui broute dans un champs pendant que le train passe (très sexy la vache...)
Je lis : essentiellement du théâtre mais j'écris davantage.
Je joue : à la séduction et aux plaisirs solitaires
Je mange : donc je suis!
Je bois : mojito! un plaisir orgasmique (pourquoi je cherche un homme moi???)
Je cite : volontiers Céline
Je pense : ((...) je suis blond)
Je rêve : de m'accomplir
(mis à jour lundi 21 août 2006 à 18:36)

26/08/2007

26/08/07 - 23:52

Il fait partie de ces gens qui vous marquent...

Il s'appelle Louis, il a tout juste 11ans.

Sa réputation était en deça de sa hauteur, mais elle l'a précédé... comme toute réputation.
Peut-être deux semaines après mon arrivée dans l'établissement, je lis sur le tableau en salle des profs qu'un conseil de discipline est prévu deux semaines plus tard. Il m'avait fait une très bonne impression lors des précédents cours pourtant, je suis assez surpris. Les attaques contre lui continuent quelques jours plus tard, alors que la prof principale de la classe laisse un mot dans le casier de l'ensemble des profs de la 6ème dans laquelle se trouve Louis. C'est un portrait effrayant qui est décrit, presque surréaliste.

Elle a rencontré les parents et parlé au psychiâtre qui s'en occupe. Louis serait violent, tout comme l'est son jumeau M. Il l'a été apparemment car un conseil de discipline ne vient pas de rien. Ce conseil, d'ailleurs a pour enjeu l'exclusion de Louis de l'établissement. Lui et son frère auraient manqué d'amour maternelle à la naissance car la maman aurait privilégié sa carrière et le papa serait devenu la figure maternelle. Il serait prévu qu'il aille en hopital de jour l'année d'après, rejoindre son frère qui s'était défenestré peu de temps auparavant.

Le portrait m'étonne, j'en parle à des collègues. Je suis rassuré de voir que mes impressions concernant ce jeune homme ne me sont pas propres, d'autres les partagent.

Le conseil de discipline arrive, je suis bien décidé à intercéder en sa faveur, fort des impressions qu'il m'a fait par la suite. Je prends le risque de perdre ma crédibilité pour lui devant des gens qui me connaissent à peine. Mais heureusement! Comme dans mon cours, Louis se comporte en premier de la classe dans les autres cours, comme dans mon cours, Louis participe avec les autres professeurs, comme avec moi, il est très poli et bien éduqué. On s'aperçoit vite que louis est en fait la cible de deux profs. Délit de sale gueule peut-être? Louis est handicapé et ça se voit physiquement et ça s'entend quand il s'exprime car il prend plus de temps. Je ne sais pas. L'essentiel est que Louis se soit montré plus fort et sans doute plus intelligent.

C'est un linguiste hors pair, il maitrise les structures anglaises comme espagnoles - il a deux langues en 6ème, deux langues étrangères. Il est passé en 5ème et je crois que ses talents se développent très surement. Et je tiens à mettre en ligne un de ses écrits.

Je recontextualise. J'avais remarqué que les moins bons en anglais étaient tous forts en arts plastiques. Afin de les valoriser, j'avais proposé à la prof d'arts plastiques de collaborer à une BD en anglais, mettant en scène les différents profs et les élèves. Il faudrait se moquer gentiment de nous mêmes. J'ai donc demandé aux élèves d'écrire un scénario en français - ils sont en 6ème tout de même... - sur un professeur. Louis a écrit cette histoire sur moi. je vous le rappelle, il n'a que 11ans, il n'a été aidé de personne et je vous recopie le texte tel qu'il me l'a rendu:

"Un jour, un martien atterrit dans notre classe avec un énorme miroir. Il nous dit: "Hello my name is Mr D. I'm your new English teacher."
Il était drôle car il n'arrêtait pas de se contempler dans son miroir et de dire: "I'm really beautiful!"
Louise, Marie et Louis décidèrent de lui jouer un tour en demandant à une sorcière d'ensorceler son miroir pour qu'il ne puisse plus rien refléter. A présent, chaque fois qu'il voulait se regarder dedans, Mr D. ne voyait plus son visage. Le lendemain, quand il arriva pour faire son cours, il pleurait à chaudes larmes. Les autres enfants ne savaient pas pourquoi mais Louise, Marie et Louis, eux se sentaient un peu coupables. Ils allèrent donc trouver la sorcière pour qu'elle annule son sort mais ils apprirent qu'en voulant se transformer en belle jeune fille, elle avait raté sa potion, s'était transformée en souris et avait été aussitôt avalée par un chat.
Que faire? Ils décidèrent d'aller tout raconter à Mr D. qui ne cessait de pleurer chez lui en disant: "Je me suis suis perdu de vue, ma vie n'a plus de sens". Il avait tellement pleuré que ses larmes formaient une grande flaque et qu'il aperçut soudain son reflet dedans. La joie fut immense. Il avait enfin retrouvé le sourire grâce à ses larmes! Il savait maintenant que pour se voir, il lui suffisait de pleurer. C'est pour cela que, depuis ce temps, à chaque fois qu'il a du chagrin, il se sent aussi très heureux."

Voilà le texte de ce jeune homme qui a fait ma fierté l'an dernier. Je pense très fort à toi petit Louis.

NB: pour l'anecdote, mes 6ème me traitaient de crâneur... Pour la simple et bonne raison que, la première fois que j'ai eu à m'énerver contre eux, je leur ai dit: "Vous avez la chance d'avoir le prof le plus beau du monde de Paris et vous continuer à discuter...!!!"... Le second degré n'est pas perçu par les jeunes gens de leur âge... je le sais maintenant.

29/03/2007

29/03/07 - 20:18

Fais un bon voyage.

Tu es morte avant hier. Tu avais 19ans, j'en ai presque 26. Je partais de la maison en te faisant toujours cette caresse qui pouvait, à chaque fois, être la dernière que je te donnerais en sachant que l'échéance de ta fin était proche depuis quelques mois déjà. Le vétérinaire a dit: "Elle peut vivre entre trois semaines et deux ans encore. Elle a mauvais caractère, c'est ceux qui vivent le plus longtemps!"

Pour avoir mauvais caractère, tu l'avais. Chatte des bois recueillie alors que tu n'avais que deux mois. Nous t'avons sans doute adopté pour pallier à l'absence due à la mort de notre dernière chatte, ton caractère trop trempé t'a imposée à nous comme une évidence. Elle est faite pour nous.

La première fois que je t'ai vue, tu me suivais dans l'obscurité. Tu me faisais peur car dès que je me retournais, tu prenais un air terrible. Tes oreilles dressées en arrière, tu jouais la chatte distante et mauvaise mais dès que je continuais mon chemin, tu faisais de même derrière moi.

Quand nous sommes rentrés à la maison, à la fin de l'été, tu as tout de suite élu domicile dans les coins les plus saugrenus, pour litière tu avais choisi mon lit, les rideaux et les papiers peints t'ont longtemps servi de griffoirs... sans oublier mes jambes et mes bras, car, je ne l'oublierai jamais, tu aimais tellement jouer que tu me guettais derrière les portes en attendant le moment de me bondir dessus.

Tu as été une vraie peste et je crois que tu m'en as fait voir autant que je t'en ai fait voir pour me venger. un jour, nous avons eu la terrible cruauté de te mettre en présence de trois petits chatons abandonnés par leur mère. A notre grande surprise, tu les as adoptés mais nous ne pouvions pas les garder. Comment aurions nous pu prédire qu'une chatte aussi distante et pénible que toi allait être capable d'autant d'amour? Stupide psychologie féline calquée sur la psychologie humaine. L'anthropomorphisme a ses limites. Tes instincts avaient repris leurs droits.

Tu nous en as voulu je crois et tu nous l'as bien fait payer. Je crois que c'est vers 12ans que tu as commencé à t'assagir, à devenir plus affectueuse. Tu es restée joueuse jusqu'à tes 16ans et tu nous as quittés à l'aube de tes 19ans, plus affectueuse que jamais.

Je n'aime pas les animaux en général. Du moins, je les aime de loin, mais toi, je t'aime. Ton absence m'est douloureuse mais je crois que ta fin de vie a été heureuse. D'après les dires de maman, tu étais majestueuse même dans la mort. Nous t'avions nommée Lady car tu faisais ta princesse. Tu auras porté ton nom magnifiquement jusqu'au bout. Fais un bon voyage ma jolie.

24/03/2007

24/03/07 - 10:01

Une vocation réveillée

Où est donc passé le temps où mon blog me tenait à coeur? Il semble être loin derrière moi.

Il faut dire que je suis bien occupé. Me voilà professeur remplaçant dans un collège privé de la banlieue parisienne jusqu'à la fin de l'année scolaire depuis le 17/01 dernier. Ma première expérience de professeur a commencé par une improvisation totale. on m'a parlé de ce poste le mardi, le mercredi, je me présentais au collège pour l'entretien avec le directeur qui m'embauchais après 5minutes d'entretien et le jeudi, j'étais déjà devant mes deux premières classes. Au programme, 6 classes des 4 niveaux du collège: 2 6ème, une 5ème, 1 4ème et 2 3ème dont une 3ème d'insertion dont je n'ai fait la connaissance qu'il y a à peine un mois car cette classe a la particularité de faire de nombreux stages en entreprise.

Ce collège est le troisème collège privé de la ville où j'enseigne. les deux premiers sont des collèges d'élite et nous récupérons très souvent ceux qui ne sont pas ou plus acceptés dans ces établissements pour diverses raisons. Pour faire clair, la population de ce collège n'est pas forcément très facile pour un collège privé mais sans doute plus facile que dans un collège public.

Après quelques semaines où mon travail ne fut pas ce qu'on peut qualifier de très efficace, je crois que je m'améliore sensiblement en développant ma créativité à travers l'invention d'un jeu de l'oie en anglais par exemple. Les élèves jouent par 5 équipes de deux sur un plateau de jeu. Ils peuvent tomber sur des cases qui leur demandent de piocher des cartes (faites maison... à moi le découpage!!!) S (comme Sujet), A (comme Action, à savoir verbe à l'infinitif + complément) et T (comme Temps, un complément circonstanciel qui détermine le temps auquel conjuguer le verbe de la carte A). Une fois les trois types de carte piochés, ils sont en mesure de faire une phrase. C'est la raison pour laquelle ils doivent piocher un signe de ponctuation et faire une phrase correcte.

exemple: carte S: My mother and I
carte A: Play football
carte T: Yesterday
+
carte P (ponctuation): Not ?

La phrase à me donner et que je dois valider est: "Didn't my mother and I play football yesterday?"

Si ils y parviennent, ils peuvent rejouer. Ils peuvent bien sûr tomber sur des cases pièges comme la prison, le puit ou la toile d'araignée, avancer de plusieurs cases, jouer deux fois, reculer de quelques cases...

De même, la préparation d'un cours sur "Forrest Gump" avec les 4ème est très longue, de même le projet d'un BD en anglais avec ma classe préférée de 6ème prend un temps monstre. Peu importe. Je vais de plus en plus vite.

C'est beaucoup d'investissement qui restera transparent pour les élèves qui ne manqueront pas de critiquer sans doute et d'être désagréables mais sur le visage de certains, je lirai de l'amusement et des lueurs de compréhension, j'en suis sûr et c'est cela qui primera.

Je ne m'attendais pas à ce que ce métier soit aussi prenant. Entre les conseils de classe, les conseils de discipline, les conseils de mi-trimestre, mes dix-neuf heures de cours ainsi que leur double voire triple à préparer, les histoires de gamin qui viennent se confier qui sont parfois lourdes quand l'affection qu'on leur porte est très grande...Mais! Mais maintenant je le sais, je suis fait pour ça!

Qui aurait cru que l'agrégatif dégoûté de l'enseignement que j'étais l'an dernier serait cette année un maître auxiliaire super heureux? Pas moi sans nul doute. Je vais donc tenter le concours l'an prochain en visant moins haut que l'agrégation pour le moment en espérant retrouver un poste de maître auxiliaire pour l'an prochain.

08/01/2007

08/01/07 - 13:32

Petit cours d'anglais pour les nuls?

Quand j'enseigne, j'ai parfois des envies d'être un ninja.
"Comment ça Alexandre? Tu n'as aucune de tes affaires aujourd'hui? C'est la troisième semaine consécutive que tu me fais le coup... Me prendrais tu pour un demeuré?" Tiens pour la peine: "yeeeeeeha (bruit d'un uppercut gauche), tchouctchouc (nunchako tournoyant au dessus de ma tête), boumbadaboum (nunchako s'écrasant sur la dentition), glingling (dentition complète détruite), pchoum (triple flip arrière), padam (entrée/sortie d'une star)."

"Alexandre, ça fait trois fois qu'on travaille les verbes irréguliers. Je ne peux pas les apprendre par coeur à ta place. Regarde par quel truchement tu me fais passer pour t'aider à les retenir: to bend, bent, bent: se plier, se courber, se pencher. Pense à la phrase suivante, "je suis plié de rire en entendant Amel Bent chanter!". To sweep, swept, swept, balayer. pense au balai sweefer! Je vais finir par devenir la honte du corps professoral moi! Tiens pour la peine: "bang (bruit d'un coup de massue à la Laura dans Nicky Larson), bzzzzzz (laser oculaire de Superman), panpanpanpanpan (rafale de gifles), pffff (soufflage de pistolet à la Lucky Luke), mouhahahaha (rire machiavélique autosatisfait à la Daria)."

"Non Isabelle, on n'utilise pas le prétérit pour renvoyer à l'avenir et "a girl" ne veut pas dire "une cruche", enfin pas toujours...ça dépend de son prénom. Arrêtez d'être dans la lune s'il vous plait, concentrez vous un peu ou alors, si vous rêvez, faites le en anglais! Tenez pour votre peine: "schumpy schumpy (envoi d'une tempête de questions inquisitrices), tsssssssssss (bruit d'un saut de biche de 10,32m de large et de 3m26 et demi de haut (oui les plafonds sont hauts et les salles de classe très grandes et alors!)), arriba arriba (tournoiement d'une fille retenue par les cheveux), zong (bruit d'un secouage de cheveux comme dans la pub fructis en collaboration avec L'Oréal, parce que je le vaux bien)."

Mais il y a des fois où tout se passe le plus merveilleusement du monde. Avoir des groupes d'élèves motivés, même s'ils sont en difficulté est un vrai plaisir. J'ai eu la chance d'avoir deux groupes de terminale pendant mes deux semaines parisiennes qui étaient vraiment intéressés par mes cours et ça réchauffe le coeur de voir que certains élèves parviennent à se rendre compte de la médiocrité des programmes et quelques fois, plus rarement, des professeurs.

On avance donc beaucoup plus rapidement dans ces conditions et il arrive que le prof (toute ressemblance avec un certain petit blond aux yeux bleus serait totalement fortuite...) fasse lui aussi quelques boulettes.

Petite remise en contexte: nous travaillions sur les temps et leurs emplois... je dis nous...je ne dis rien (la première personne est évidemment un truchement pour faciliter votre travail d'imagination vous, lecteurs potentiels...). L'enseignant demande à ses élèves de visualiser au sol une échelle du temps en leur indiquant que sur leur droite se situe le passé, au milieu de la ligne dessinée à la craie se situe le présent et sur la gauche, il faudra visualiser le futur ou ce qu'on devra appeler en anglais le renvoi à l'avenir. Les trois repères temporels sont bien délimités. Il s'agit maintenant de rentrer dans la complexité des temps anglais. Le professeur trace une croix sur la ligne du temps entre le passé et le présent et fais la grue sur un pied en leur disant: "ça c'est le prétérit. On l'utilise fréquemment pour renvoyer à un évènement sans aucun rapport avec le présent et on utilisera le passé simple, l'imparfait et le passé composé pour le traduire". Devant les mouvements de tête de haut en bas des élèves muets, le professeur se dit qu'ils ont compris...

"Passons à un autre temps". Le prof cesse de faire la grue et met le pied gauche sur la croix qu'il avait utilisé pour visualiser le prétérit et le pied droit sur une croix qu'il avait tracée et appelée moment présent de l'énonciation. Voyant que les élèves semblent saisir, le professeur, les jambes écartées, demande innocemment: "comment appelle-t-on ce qu'il y a entre mes jambes?". Les élèves se regardent, interloqués; le professeur continue: "on appelle ça le present perfect en anglais et le parfait en français!". le professeur ne se rendit compte de sa bêtise que plus tard, lorsqu'il mit son pied droit sur une croix qu'il avait appelée moment de l'énonciation passé et le pied gauche sur une croix signifiant le moment révolu: "ce qu'il y a entre mes jambes maintenant s'appelle le plus que parfait". les élèves avaient trop contenu leur fou rire... ce fut l'hilarité générale.

Cela peut paraitre tendancieux mais au moins, elles s'en souviendront... de ce qu'il y a entre mes jambes. L'une d'entre elle au moins puisque le dernier jour, j'ai reçu une boite de chocolat et en revenant de la pause avec mes photocopies fraichement faites, il y avait un petit coeur dessiné sur le tableau noir avec un F écrit à l'intérieur. Il n'y avait pas de Forro parmi mes élèves pourtant... je ne comprends pas.

07/01/2007

07/01/07 - 12:18

Mon Tour du Paris Gaïen...

Que serait une excursion parisienne sans rencontre?

Il fallait bien que je rompe mon isolement et que je prenne ma dose de rencontres avant de retourner dans mon village médiéval. Alors j'ai pris les choses en main et suis parti à la rencontre des gaïens.

Premiers garçons que je rencontre à la sortie du lycée dans lequel je donnais mes cours: Bip76 et Cizion. Je n'ai aucun mal à reconnaître Bip mais il n'est pas évident d'imaginer le visage complet d'un homme lorsque sur ses photos il a rougi ses yeux et sa bouche alors j'ai eu un doute pour Cizion. Direction un café à Alma Marceau où nous gelions sur place si nous ne bougions pas un membre de temps à autres. Quelques stalactites au bout du nez et un verre plus tard, nous avons migré vers le bar d'à côté qui semblait plus chaud. Très jolie complicité entre les deux; l'humour est caustique et parfois franchement cynique. Moment sympathique si je dois résumer.

Un troisième gaïen fait partie des réjouissances de la soirée et pas l'un des moindres puisqu'il s'agit d'un des plus jolis garçons du site: mister Djuls qui me rejoint à la Villa Khéops et arrive quand je corrige mes premières copies. Grand garçon, fin et élancé, un visage pur de poupon. Nous sommes rejoints par ma meilleure amie 20minutes plus tard. L'une des grandes qualités de ce jeune homme est qu'il est très sociable et se sent de suite à l'aise. Il n'est pas évident en général de parvenir à s'intégrer au tandem amical que nous formons Estelle et moi tant notre complicité est forte mais celui qui restera un mystère pour moi l'a fait. Moment très agréable passé en sa compagnie.

Deux soirs plus tard, j'ai la chance de faire la connaissance de lolo1972 avec qui je tenais déjà des discussions sérieuses et complices avant cette rencontre. Les affinités ne s'en sont trouvées que renforcées. Le gaïen en question est une véritable perle rare de gentillesse et de sincérité. Merci pour ce joli moment passé.

J'avais eu vent de rencontres gaïennes le vendredi soir à l'Oh Fada. Je m'étais dit que j'allais y faire un tour pour voir ce qui s'y tramait. J'arrive bien en avance et reste seul quelques temps. le charmant barman chauve me tient compagnie et nous discutons architecture et théâtre jusqu'à ce que j'aperçoive dans la foule virile le visage de monsieur Pyram sur lequel je saute en me présentant par mon pseudo. C'était l'occasion d'être présenté aux autres gaïens. Je voyais rentrer des visages qui m'étaient familiers mais comme je ne discutais pas avec eux, j'aurais eu l'impression de faire intrusion dans un groupe qui ne me reconnaitrait sans doute pas.

Pyram m'introduit donc auprès des autres gaïens et je suis très bien accueilli. Je reconnais arashino, Otaku et .... oh surprise! celui qu'on appellera mon père: zefabulous avec qui je discuterai beaucoup plus par la suite. Il était temps pour moi de partir car j'avais rendez vous au théâtre avec toubib75, juste le temps pour moi d'échanger mon numéro de téléphone avec le beau Darcy qui arrivait au moment où je partais.

Mister toubib est sans doute une des plus belles rencontres de ces deux semaines. Il est le genre d'hommes toujours classe, calme et posé, dont la timidité apparente ne demande qu'à exploser, très bon public en ce qui concerne mes blagues de sale gamin et un vrai gentleman. On l'imagine très mal sur un scooter et pourtant... Je le rencontrerai de nouveau durant ma deuxième semaine parisienne et le plaisir sera toujours au rendez vous. Le théâtre fut l'occasion pour moi de parler de ma passion et de montrer que je n'étais pas qu'un corps magnifique mais aussi un cerveau - il m'est arrivé de la sortir à l'inverse jadis à un amant qui tardait à me sauter dessus...

Mon tour du Paris gaïen se prolonge avec le très intello Schumpy, qui me rejoint au Chinon 3, bar à vins dans lequel travaille occasionnellement l'un des garçons qui m'a dragué le soir du 31. Il était l'un des garçons dont la rencontre me tenait le plus à coeur et j'ai vraiment beaucoup apprécié notre entrevue. Je m'attendais à une relation plus conflictuelle avec celui a fait de la contradiction son cheval de bataille mais il n'en fut rien. Melle Aurèle la truculente n'a fait aucune apparition non plus. Nous avons marché et nous nous sommes quittés.

Last but not least. Il paraît que c'est un honneur pour moi d'avoir obtenu un rendez vous avec monsieur Darcy. Rencontre à 19h. Darcy appelle ce bar le Chikungunia, il s'appelle en fait le Panfoulia. Pas de chance pour nous, il devait y avoir une équipe de rugby dans le bar pour qu'il y ait un tel boucan à moins que ce ne soit le salon de l'agriculture version gay qui s'y tenait. Bref, ma voix de cresselle ne porte pas très loin...il nous faut fuir. Nous allons ailleurs. le temps passe vite avec Darcy, nous sommes restés deux heures et demi ensemble à discuter. Ce que je pensais se produire avec Schumpy se produit en fait avec monsieur Darcy. Dissensus total. Mais agréable moment cela dit.

A la veille de mon retour dans ma province natale, il fallait bien que je retourne voir les gaïens du vendredi soir à l'Oh Fada! je m'en serais voulu de ne pas avoir salué mes fans une dernière fois avant mon retour. Papa arrive et c'est lui qui cette fois m'introduit aux autres gaïens. C'est pour moi l'occasion de discuter davantage avec The-Graduate, Rominou, un peu avec Arashino... Quoi!!!??? qu'apprends-je? Les pronostics sont lancés pour savoir si mon père et moi allons conclure? Les relations incestueuses font-elles partie des moeurs gaïennes? Sans compter que je n'ai que le "petit" pour plaire à Papa... "brun poilu" ne font pas partie de mes attributs. La soirée se termine donc au restaurant chinois et je découvre avec un intérêt certain une des coutûmes gaïennes: le Tiercé...

Je sais ce que vous vous demandez... Cessez donc de mentir et avouez! Osez me demander avec qui j'ai couché parmi tous ces hommes... Et bien au risque de vous décevoir, je n'ai fait qu'embrasser deux gaïens et je n'ai couché avec aucun d'entre eux. Il parait pourtant que j'avais plusieurs chances de conclure; nous tâcherons donc de nous y atteler lors de ma prochaine visite à Paris en février, en espérant que je sois là pour la prochaine Mind-The-Gap...

Ajout du 12/01/07:
Je dois réparer une lourde injustice ici!
J'ai omis de mentionner ma rencontre avec sympa7 le vendredi midi, le même soir où j'ai rencontré le délicieux toubib75 pour la première fois. Rendez vous pas très loin du lycée de l'Assomption, métro Iéna. J'arrive un peu en retard car la correspondance entre le RER E et la ligne 9 à Saint Lazare est très mal indiquée. il lit son journal à la sortie du métro. Je prends ma dose de nicotine avant de rentrer dans l'espace clos de la brasserie car le monsieur ne supporte pas la fumée. Nous passons une petite heure ensemble à discuter travail mais aussi littérature. Je suis pressé par le temps donc nous décidons de tenter de nous revoir avec l'ami de monsieur sympa7, le beau thetchequeout. Le rendez vous est pris pour l'Oh Fada mais l'ambiance n'a pas semblé leur plaire...

04/01/2007

04/01/07 - 10:35

Les dragueurs bof...

Ils sont là, parmi nous.
Ils ne savent pas comment faire, se font souvent envoyer balader et pourtant réitèrent la même technique calamiteuse. il faut croire qu'ils aiment se faire rembarrer.
On pourrait croire qu'il est plus facile de leur échapper dans un endroit ouvert plutôt que dans un endroit clos mais ils ont au moins un talent: ils savent poser les yeux sur vous en vous mettant mal à l'aise. La chosification sous le regard d'autrui. On les repère vite dans la rue, au loin, tout comme eux vous repèrent, la bave aux lèvres. ils vous dévisagent et vous envisagent comme dit la chanson, mais eux ne cherchent pas à vous conter fleurette. Ils s'approchent inexorablement jusqu'au moment où ils semblent passer à table, quand ils vous croisent enfin et vous goutent à votre insu en meumeumant le fameux: "hummmmm"... On sent qu'ils ont la pratique, ils ont du y passer des heures d'entrainement pour le faire aussi délicatement ce meumeumement parfois accompagné d'un bonjour ou d'un bonsoir selon l'heure à laquelle ils vous croisent. ils sont polis tout de même.
La chose à ne pas faire: se retourner et répondre à cette salutation, sinon on ne s'en débarrasse pas. ils vont se coller à vous comme des morpions sur le pubis et ne vous lâcheront que lorsque vous aurez été suffisamment méchant avec eux. il semble que ce soit le seul langage qu'ils comprennent. C'est ainsi que: "Vous me dévorez des yeux depuis le fond du wagon? Et bien retournez là bas et bon appétit...". Car bien sûr, le champs lexical de la nourriture est abondant dans ce genre de situations. On s'attend à ce qu'ils sortent leur filet de pêche et dégainent les condiments pour vous assaisonner à leur convenance: "un peu de sel, de poivre, de moutarde peut-être?"
C'est aussi ainsi qu'un soir, après une soirée bien arrosée et très drôle,alors que j'étais encore dans ma bulle de bonheur, je le vois arriver ou plutôt je le sens venir avec ses gros sabots, comme s'il s'était annoncé par une cloche comme le font les vaches dans les verts paturages. Il ne meumeume pas mais me lance un bonsoir tandis que sa main se caresse allègrement la braguette. grosse erreur, je me retourne. Par trois fois ils est revenu à la charge:"t'as pas envie de parler, je trouve que tu as une belle nuque" (ça c'est du compliment...). Et moi de lui répondre: "Non il est tard je rentre chez moi". Il freine le pas puis finis par l'accélérer de nouveau pour me rattraper. je commence bien évidemment à craindre un peu ses réactions car il est trois heures du matins et je vais m'aventurer dans une ruelle sombre: "T'as pas envie de me sucer?" me lance-t-il tout innocemment... Devant la négative, il s'écarte mais revient à la charge avec la question fatidique:"Bon ben t'as pas envie que je t'encule non plus?". Je crois que mon regard assassin l'a découragé définitivement.
Ces hommes sont parfois fous. Aux toilettes, en me lavant les mains: il me sourit et naïvement je lui réponds par un sourire qu'il a pris pour une invitation à me suivre jusqu'à chez moi, sans même que j'aie eu le choix. il a pris deux lignes de métro et m'a rattrapé par le bras en ne comprenant pas pourquoi je ne l'attendais pas. J'ai eu la trouille de ma vie: il me regardait avec des yeux au dessus desquels jaillissaient un monosourcil noir et épais et il était démesurément grand (je reconnais qu'il n'est pas difficile d'être grand pour moi...). il ne m'aurait pas fait de mal mais il m'a fait très peur.
Je crois que les pires sont ceux que l'on rencontre dans les bars. Si la position debout est de rigueur, ils se pavanent devant vous par moments avant de se coincer dans le coin à partir duquel ils vont vous guetter et élaborer une stratégie d'approche. Ils bombent le torse et tentent une danse que nous qualifierons de"conceptuelle": bras ballants qui décollent du long du buste pour se replier légèrement comme les bras de barbie vers le haut l'un après l'autre en suivant un rythme difficilement identifiable mais qui a sans doute sa logique propre. Le sourire ravageur (le terme est bien choisi), le regard fixé sur vous, il fait une parade amoureuse devant vous, la bière à la main et l'égo laissé de côté. Je crois que la danse de la poule serait plus efficace cela dit...
il y a ceux aussi qui tentent de vous retenir en vous couvrant de compliments plus pathétiques et exagérés les uns que les autres et ceux qui vous paient un nombre incalculable de verres. certes ils vident leur bourse, mais pas celles qu'ils souhaitent. les malchanceux qui croient me saouler pour mieux m'amadouer font une grossière erreur: je tiens très bien l'alcool...
Voilà donc quelques constats effectués à Paris pendant mon séjour qui se prolongera jusqu'à samedi. heureusement, tous les gaïens rencontré s'avèrent plus charmants les uns que les autres et relèvent le niveau des rencontres que j'ai pu faire...
A bientôt.

05/11/2006

05/11/06 - 14:42

Périple parisien.

Une semaine entière passée à Paris, ça se raconte! ça se consigne sur l'instant pour ne pas oublier les beaux souvenirs qui devront me rester en mémoire. Un chat complètement fou qui m'a fait quitter l'appartement de ma meilleure amie bien avant l'heure de mon rendez vous, des nuits presque blanches tous les jours, un groupe d'élèves particulièrement difficile, des rencontres GAiennes... Un bon programme que je ne suis pas prêt d'oublier.

Le départ du Havre s'apparente à un périple: réveil tardif, le dernier bus me permettant d'arriver à l'heure à la gare pour prendre le dernier train qui me permettait d'arriver à l'heure au lycée me passe sous le nez! Allo taxi! Monsieur taxi arrive quinze minutes plus tard. Dans 20minutes j'ai mon train et je n'ai pas mon billet! Embouteillage sur la voie rapide mais le chauffeur zigzague habilement entre les voitures. J'arrive à la gare, le train part dans 5minutes, les distributeurs automatiques sont pris d'assaut, je monte sans billet. Au premier passage du contrôleur, je le lui signale. Je sais que je vais m'en tirer avec une majoration de 20euros pour la confection du billet. Bref, je suis dans le train à côté d'un beau mec pour une fois. Habituellement je suis un aimant à mamies bavardes... Merde, il descend au premier arrêt. une prof d'histoire s'asseoit et commence à corriger frénétiquement ses copies. Si on mettait tous les correcteurs de copies ensemble dans une pièce et qu'on les observait, je crois qu'on ferait bien rire; nous avons tous les mêmes mimiques d'exaspération. Si à la place du stylo rouge, nous avions la foudre de Zeus, nous serions au chômage car tous les élèves seraient morts.

En regardant la photo de ma carte 12/25, le contrôleur me dit: "la photo ne date pas d'hier dites donc!" et moi de répondre intérieurement: "tu t'es bien regardé espèce de gros tas bouffi???" mais je ris blondement. Bref, l'essentiel est qu'il n'ait pas majoré mon billet de 20euros. Problèmes techniques à bord du train. C'est toujours aux abords de Sartrouville que ça merde, c'est incroyable. 25minutes de retard. Il me reste 30minutes pour rejoindre mon lycée. Je traine difficilement mon sac (je vais investir dans une valise à roulettes...) plein de deux dictionnaires, de mon PC, de 7boxers, 7paires de chaussettes, 3jeans de rechange, 4débardeurs... et de mes produits d'entretien dans ma trousse de toilette: savon noir, gant de crin, savon d'Alep, crème hydratante pour le corp, crème hydratante pour le visage, brosse à dents, dentifrice, gel de coiffage...

J'arrive finalement dans ce lycée pourri dans lequel j'avais déjà enseigné quelques mois auparavant. 5 élèves prévus, 4 répondent à l'appel. La 5ème a troqué ses cours d'anglais contre des cours de physique. 3 filles et 1 garçon...mais quel garçon! Beau comme un dieu mais presque marié avec celle que je prenais pour une chieuse et que j'ai réussi à faire pleurer le dernier jour. Ca ne m'empêche pas de le chauffer un peu le petit gars: "très bien Adrien, vous avez bien retenu ce que j'ai dit sur les aspects des temps il y a trois jours. mais vous buvez mes paroles dites donc, vous allez finir par tomber sous mon charme...", un sourire en guise de réponse, mon regard assassin sur sa copine la chieuse: "attention Estelle, je vais finir par vous le piquer...". Quelque chose me dit que ce garçon se cherche. Il est remonté bien avant la fin de sa pause pour discuter avec moi, il me faisait de jolis sourires en cours et était particulièrement actif à l'oral et volontaire. Je n'ai pas fait d'éducation sexuelle.

Quant au reste de la "classe", je dois bien avouer que je n'ai jamais eu un groupe aussi mauvais que ces élèves là. Incapables d'aligner une phrase correcte en anglais, il faut dire que c'est dramatique après 7 ou 8ans d'anglais de ne pas savoir les notions de base. J'ai fait mon cours tant bien que mal, ils ont pris ce qu'ils estimaient bon à prendre, j'avoue avoir la rage de les voir se comporter aussi peu sérieusement et de prendre le stage de façon aussi désinvolte. Je crois que dès le début, j'ai été dur avec Estelle, que j'avais rebaptisée Connasse, mais elle avait une carapace tellement solide que j'ai été dupé par elle. Elle est comme un volcan cette fille: le magma a durci en croute au dessus mais la lave en fusion est extrêmement molle. Je la croyais fumiste, il s'est avéré que c'est une acharnée de travail qui bosse inefficacement. Dysorthographie, dyslexie, problèmes personnels psychologiques, je suis resté plus d'une demie heure avec elle le dernier jour après l'avoir vu en larmes. Autant dire que je n'étais pas fier. J'ai compris et appris.

Mon Estelle, ma babygirl, c'est ma meilleure amie. J'ai habité chez elle durant cette semaine. On s'est retrouvés en tête à tête... avec son chat. C'est le chat le plus étrange que je connaisse. Je crois qu'il a un faible pour le robinet de la cuisine car il ne cesse de se frotter à lui, il dort dessous. il est mignon le tchoutchou mais il m'a bien fait peur le premier soir où je suis rentré seul chez Estelle. Sans doute déçu de ne pas voir arriver sa maîtresse, il m'a mené la vie dure. Il crachait, juré et grognait dès que je l'approchais. je n'avais jamais vu un chat se conduire ainsi avec moi. J'ai même quitté l'appartement prématurément avant mon rendez vous avec le beau the-golden-coccinnelle qui devait passer me prendre pour m'emmener au restau. Très jolie soirée avec ce beau GAïen sentimental et romantique. J'ai du le vexer lors de notre dernière rencontre je crois. Un quiproquo que nous résoudrons lui et moi.

J'ai la plume facile sur ce séjour parisien. Je vais m'arrêter ici.

28/10/2006

28/10/06 - 18:37

Exercices de styles

Version Focalisation Interne:

Dans le métro, à 12h00, en allant au travail.
Son pouvoir de séduction dépasse celui de tous les autres au point que mes jambes flagellent. Sa beauté réside dans l’harmonie de son visage noir et bien fait ; son buste est droit, il a de la carrure, ses cheveux crépus sont luisants. Il a la prestance de ces hommes qui ont vécu et sans doute bien vécu. Il porte en son sein ces cicatrices avec lesquelles on apprend à vivre. Il me regarde toujours, il détecte mon trouble, je suis pris au piège dans une étreinte imaginaire, prêt à exécuter tous ses fantasmes. Nous sommes épiés par un homme assez corpulent qui a le visage triste.
Il s’approche, élégant, raffiné et majestueux. Je lève la tête pour le regarder. Il est plus grand que moi. Désir instantané dans tout mon corps. Il dégage les effluves d’un doux parfum qui se répand dans son sillage. « Excusez moi jeune homme, où avez-vous eu ce collier ? ». Plus rien, sauf le rire grossier d’une femme.

Version Bois et Menuiserie:

Dans une Clairière, à l’heure où la Photosynthèse est à son maximum, près du Bouleau.
Il a du Charme celui là. Il se dresse, Massif, devant moi. Son Tronc est long, son Ecorce Ebène, son Feuillage aussi doux que du Lichen. J’en Tremble, il ne faudrait pas que je fasse un Mélèze. Loin d’être une vieille Branche, il a la splendeur du Séquoia mature malgré les blessures d’amour qui lui ont été infligé par deux amoureux éperdus. Pour Sureau Cyprès de moi, il ne peut que sentir que je Cèdre, que je suis prêt à me Noyer, pris au piège dans son Etau, prêt à me faire Raboter et Dégrossir. Un gros Baobab esseulé nous regarde.
Il se Déracine, comme porté par le vent, et s’approche. Jeune Arbuste que je suis, je me plie vers l’arrière pour le regarder droit dans les Nœuds. Mon Hêtre devient dur comme du Bambou. Sa Sève est encore fraîche du Printemps et embaume l’air environnant : « Excuse moi pour la Chêne occasionnée mais Thuya Pêcher Houx ton collier ? ». Tiens ? Une mouette rieuse tente de faire son nid sur le Peuplier…

Version Bon Vivant:

Un Petit Pois dans une Cosse avec d’autres Petits Pois, à la pause Déjeuner, après un Rumsteack.
(J’ai encore faim.) Ils m’agacent, la Crevette et la Courge. Je suis seul avec ma Frite. Purée !! Ils ne peuvent pas faire ça ailleurs ? La grande Asperge regarde l’autre Cornichon qui ne ramène pas sa Fraise. Il croit qu’il va se faire Farcir peut-être ? Non mais qu’il a l’air d’une Huître avec ses Litchis ébahis ! (J’aurais du prendre le Poulet Rôti…). Le Concombre veut de la Sauce apparemment. Le Homard regarde la Langouste, ses Pâtes dansent la Carbonara tellement elle est intimidée… Non mais Salsifis oui!
Ah ! Le Caviar s’approche du Tarama ! (On arrive au Dessert) Les petits Oeufs ont l’air de se défiler les uns après les autres mais l’autre Barracuda, il ne lui dit pas qu’il aurait envie de lui Bouffer son Nem, il lui demande juste où est-ce qu’il a trouvé son Collier de Haricots. Le glouglou d’une Dinde qui n’attend que Thanks Giving.

24/10/2006

24/10/06 - 13:37

Il était fort mon papa...

Quelques souvenirs de mon père me reviennent. Assis sur ses genoux, il me faisait sauter jusqu'au plafond, danse infernale, quelques bosses sur le coin d'une table puis retour à l'hilarité. Pour m'avoir pansé de ses baisers, Il était fort mon Papa.

Quelques souvenirs de mon père me reviennent. Caché derrière un mur, il m'attendait, il m'attrapait et me chatouillait. On faisait la bagarre sur le lit, c'était amusant. De m'avoir fait croire que j'étais le plus fort, il était fort mon Papa.

Quelques souvenirs de mon père me reviennent. Son regard dans le rétroviseur en voiture, ce regard coquin et moqueur, il me surveillait, me protégeait, il était fier de moi et, sans les mots, me le montrait, il était fort mon Papa.

Quelques souvenirs de mon père me reviennent. Lui dans cette salle au papier peint vert. Le casque sur les oreilles. Elvis et Dalida, ses idoles. Le casque sur mes oreilles, je danse pour lui, on fait les pitres. De m'avoir fait rire, il était fort mon Papa.

Quelques souvenirs de mon père me reviennent. Ses cartes postales. Il écrivait mal et je lisais "Allons garçon" au lieu de "Mon garçon". Nous ne sommes pas allés bien loin ensemble, tout juste sept années d'absence. Il pensait à moi, il était fort mon Papa.

Quelques souvenirs de mon père me reviennent. Son regard, lorsque les bénévoles nous tendaient le sac avec les victuailles. Peu fier. Nécessaire. Ton coeur n'y était pas, la honte n'est pas dans le coeur de ces restos là. Il était fort mon Papa.

Quelques souvenirs de mon père me reviennent. Trop petit pour accéder à la fenêtre. Maman a son pull vert que je n'aime pas. "Il est par terre, vite descends". Traumatisme crânien, traumatisme tout court pour moi. Pourtant il était fort mon Papa.

Quelques souvenirs de mon père me reviennent. Les infirmières me connaissent, elles m'aiment bien et m'aident à faire mes devoirs en salle d'attente. Son visage est déjà evanescent quand je suis autorisé à le voir. Un maître des illusions, il était fort mon Papa.

Quelques souvenirs de mon père me reviennent. Un fou rire malgré nous. Tu vois un homme qui reste à sa place à travers la fenêtre de ta chambre; nous, nous ne voyons qu'un poteau. Ta vision est déjà atteinte. De voir au delà du visible, il était fort mon Papa.

Quelques souvenirs de mon père me reviennent. Rouen. Une heure de route et 5minutes de visite. je peux te faire du mal à mon insu. Une dernière carte postale: un chat. Dernier au revoir pour ma mémoire. D'être mort pour moi ce jour là, il était fort mon Papa.

Quelques souvenirs de mon père me reviennent. 28juillet 1988. Midi. Le téléphone sonne. Maman pleure. On m'emmène chez la voisine. Je pars 10jours chez Tata Bibiche. Pour avoir choisi le jour de sa mort, il était fort mon Papa.

Quelques souvenirs de mon père me reviennent. De retour à la maison. Maman a l'air triste. Dans la chambre sur le lit. "Papa a rejoint le ciel mon chéri". Je savais que c'était possible, mais d'être cosmonaute, il était fort mon Papa.

Quelques souvenirs de mon père me reviennent. De retour à l'hopital. Papa est déjà dans le ciel. On me dit de ne pas avoir peur. L'aiguille est longue mais j'pleure pas. Mon premier test HIV. Pour m'avoir fait faire des trucs pas de mon âge, il était fort mon Papa.

Quelques souvenirs de mon père me reviennent. 2 février 2005. Ton père est mort. Je ne suis pas triste, je ne l'aimais pas. Premier enterrement, une crémation. Maman m'explique car elle sait, c'est devenu son métier. D'avoir fourni du travail à maman, il était trop fort mon Papa.

Quelques souvenirs de mon père me reviennent. Ce n'est pas lui que j'ai vu mais bien toi. J'ai mis du temps à faire ton deuil. Je t'avais zappé, la télécommande de la facilité. Aujourd'hui mes souvenirs me reviennent, après si longtemps, tu devais être trop fort mon Papa.

Tu as été fort, mais, sans le savoir, tu as signé ton arrêt de mort. Je ne t'ai connu qu'à tes abords. Pas de souvenir de mes "je t'aime' serait mon seul remors. Tourner en rond et ne cesser de virer de bord, telle ne sera pas ma vie et je ne m'apitoierai pas sur un quelconque triste sort.

23/10/2006

23/10/06 - 16:36

A Norexie


Le Royaume de Norexie se trouvait dans une contrée lointaine, sur la Colline du Malêtre. Ce Royaume était riche et prospère et avait la particularité de ne pas avoir de roi. Chacun de ses habitants avaient un rôle bien défini et la société reposait sur le respect de l’autre et sur l’accomplissement de ses tâches respectives. Monsieur Cœur était chargé de l’irrigation, Monsieur Pénis et Mesdames Mains des loisirs, Madame Bouche de l’ingestion de l’alimentation...

Monsieur Esprit administrait tout. Il était en fait un collège de diverses entités et se répartissait les fonction : Madame Conscience de Soi enseignait l’épanouissement personnel des habitants, Monsieur Lucidité la conseillait et veillait à ce que les décisions soient prises avec bon sens. Madame Humour était attentive à la bonne humeur…

Tout se passait bien avec les autres Royaumes et Norexie respirait l’abondance et les promesses. Une des entités de Monsieur Esprit qui travaillait dans l’ombre, Monsieur Inconscient enferma un jour toutes les autres entités qui formaient le collège, prit en otage Madame Conscience de Soi, Monsieur Ca et Monsieur Surmoi et se proclama seul Monsieur Esprit.

La famine fut décrétée, les Zygomatiques fuirent et la vermine de la pire espèce s’établit à Norexie. Tous les habitants souffraient cruellement et s’affaiblissaient considérablement. Les Dames Dents tombaient les unes après les autres ou se fissuraient, Monsieur Estomac rétrécissait, Madame Ossature se fragilisait. Les bandits Ecchymoses pullulaient à travers le Royaume. Les Jumelles Joues, qui présentaient la météo dans tout le Royaume, se creusaient comme pour annoncer l’hécatombe. La taille du royaume était toujours d’un mètre soixante-dix mais son poids n’était plus que de quarante-deux kilogrammes. L'indice de développement se mesurant au rapport taille/poids, les autres royaumes commencèrent à s'inquiéter et à l'observer de près. Royaume mère et Royaumes Famille s'interrogèrent sur les raisons de cet amaigrissement mais n'en percèrent jamais la cause. Les différents pourparlers qui s'engagèrent ne donnèrent rien.

Monsieur Esprit était plus puissant que jamais. Tel un tyran, il avait pris l’ascendant sur tous les autres habitants et régnait sans partage. Il comprenait parfaitement ce qui se passait, savait qu’il en était responsable mais ne pouvait s’empêcher de vouloir faire souffrir ces compatriotes qu’il avait fini par haïr. Monsieur Esprit ne rêvait que de chaos et de mort alors même qu’il savait que cela entraînerait la sienne.

Monsieur Esprit refusait la part de féminité qu’il avait découvert peu de temps auparavant. Il s’en voulait aussi de ne pas avoir pu arrêter les intrus qui avaient pénétré son Royaume quelques mois auparavant et qui avaient enlevé Dame Virginité que personne ne revit jamais.

Sa folie le mena à la cruauté. Il aguichait ses vassaux par des orgies de nourriture qu’il décrétait empoisonnée aussitôt qu’elle était ingérée. Messieurs Acides avaient fini par brûler la voie d’accès à la nourriture jusqu’à l’inaccessibilité, de peur que Monsieur Esprit ne recommence. C’est la souffrance qui l’intéressait. Il lui fallait mentir, tricher pour faire naître de nouveaux espoirs au sein du Royaume et chez les autres Royaumes voisins commerçants, espoirs dont il épuisait l’essence jusqu’au désespoir. Il rusait, il rusait pour qu’on ne découvre pas son secret.

Pendant huit ans, Monsieur Inconscient fut le maître incontesté. Il oscillait entre goinfrerie sauvage et diète drastique. Les habitants du Royaume devaient payer leurs affronts, leur manque de courage face aux intrus. Ils devaient payer de s’être laissés envahir pendant que Monsieur Esprit se révoltait et résistait aux assauts, bien qu'impuissant.

Monsieur Spirituel, d’un Royaume voisin, grâce au jumelage de son Royaume avec Norexie permit de libérer et de rassembler ceux qui avaient été Monsieur Esprit. Il réhabilita Madame Conscience de Soi qui avait découvert une autre de ses fonctions. L’amour c’est mourir en soi pour renaître en l’autre. Ce fut le début d’une nouvelle aliénation, mais le Royaume de Norexie était heureux....et c'est une autre histoire.

26/09/2006

26/09/06 - 08:31

Sentimental Journey

Mon pas s'active, je marche résolument, tel un chat sur les toits de Paris, et déambule dans les longs couloirs de la station de métro. Merde, il y a un courant d'air, mon brushing est foutu... pas besoin d'Ipod pour moi, j'ai de la musique plein la tête et c'est sans doute pour cela que je dandine légèrement du postérieur en marchant: "Shakira Shakira... Oh baby when you talk like that...". N'allez surtout pas imaginer que je le fais comme des appels de phare pour attirer un quelconque mâle dominant... Ce n'est pas mon genre...

Qu'est-ce que je fais? Je prends le temps sur le tapis roulant ou pas? oui on va y aller cool aujourd'hui, j'ai passé une mauvaise nuit. C'est bon tu peux me marcher dessus si tu veux, toi derrière,te gêne pas, tu gagneras sans doute 1min30 de plus sur ton temps de trajet! Et toi là qu'est-ce que tu fous? dégages, tu gênes! rhoo encore un provincial qui n'a pas compris qu'on se mettait en ligne sur la droite dans l'escalator! On les reconnait à ça. Incapables de se fondre dans cette plèbe anonyme que constituent les fourmis parisiennes.

Ca y est! dernière galerie avant d'arriver sur le quai. Ca grouille de monde ce matin! Qu'est-ce qu'ils font à tous sortir en même temps que moi? Pénibles! Quoi encore des touristes? et des japonais en plus? ils n'ont pas compris qu'il n'y avait pas de fleurs à photographier dans le métro? Qu'ils marchent!

Ah enfin! j'ai bien cru que jamais je n'y arriverai! Pardon excusez moi, pardon, merci, pousse toi la grosse. humm pas mal celui là. Ok, je m'arrête là, avec un peu de chance on sera pas loin l'un de l'autre dans la rame et je pourrai me rincer l'oeil. Joli cul dis donc, petite bosse à l'entrejambe, il a une peau superbe, l'enfoiré! comment me faire remarquer? Je vais tousser tiens... Non, si je tousse il va savoir que je suis fumeur et il ne supporte peut-être pas les haleines de cendrier froid... Marcher devant lui en dandinant davantage? je vais avoir l'air d'une dinde... Bon de toutes façons, il est pas si bien que ça. Suivant!

C'est pas trop tôt! le métro arrive. Puain, il est blindé de monde! Soyons stratégique: se mettre à côté d'un mec pas trop mal surtout et éviter de toucher les barres... l'autre qui se curait le nez l'autre jour dans le métro et qui s'est gentiment essuyé dessus m'a écoeuré. Quel porc! Oh putain, il fait quoi le gros qui court là? me dis pas qu'il va essayer de monter, le signal a retenti et les portes sont à moitié fermées déjà... mais si... oh mais il passera pas...mais il pousse! il pousse et... oh non, il est collé contre moi. Ca commence mal! ça commence très mal!

Ok, Fab, prends ton mal en patience, t'en as que pour un petit quart d'heure. Essaie de ne pas penser que son bide est énorme et que tu te retrouves lenez sous ses aisselles. Il porte Armani Code? pas mal, je suis bluffé chéri. Qu'est-ce qui m'arrive encore? Pourquoi je bande moi? Alfonso, pourquoi tu t'es réveillé??? Mais t'es insupportable toi! il suffit qu'un train bringuebale un peu et tu te lèves??? Espèce de vaurien va! te montre pas trop s'il te plait, j'ai pas envie d'être catalogué comme un pervers, moi!

Cool, il descend. Mais que vois-je? pas mal... pas mal du tout ça! viens par là chéri, je vais m'occuper de toi... minou minou minou... (pause ici, tentative de reproduire un bruit de bouche impossible... il va falloir que je travaille ça...). Cool, il est tout proche... comment je fais pour vérifier mon haleine. J'ai pas pris mon spray mentholé Sexy Kiss, c'est malin. Réfléchis réfléchis... Allez première salve de phéromones excitatrices blueeyediennes... Aucun effet. On en lance une seconde... Toujours rien?! Quoi? tu veux pas me dire qu'à 25ans ma vie sexuelle est déjà finie quand même! Je vais te mettre un fulguro-poing dans la tête tu vas le sentir passer toi!

T'as de la chance que ce soit mon arrêt, sinon je t'aurais fait ta fête!

18/09/2006

18/09/06 - 12:33

Solitude et célibat

Quand je tente d'expliquer aux gens que le célibat est un mode de vie qui me convient, on me parle tout de suite de solitude. Je ne suis pas seul, j'ai des amis qui sont là auprès de moi et une famille aussi, éloignée certes. La solitude me pèserait si je savais que je n'avais personne sur qui compter, alors que je peux compter sur les gens que j'aime sans problème.

Solitude et célibat ne sont pas interchangeables. Pourquoi ce besoin farouche d'indépendance? Il y a des fois où je me dis que je dois avoir des origines félines, mais pour rester dans des explications rationnelles, je ne peux qu'évoquer un passé qui est le mien. Sans doute des choses - dont j'ai somme tout conscience - n'ont pas eu le temps de passer au crible du travail de deuil.

On me dit aussi que je ne cherche que des plans cul sous prétexte que je change très rapidement d'amants. J'y crois toujours un peu au début d'une rencontre mais je m'aperçois vite que je vais m'ennuyer rapidement avec eux. A quoi bon continuer avec l'autre quand son instinct a déjà déclaré cette nouvelle relation à mort?

Je ne suis pas attentiste. Je fais donc beaucoup de rencontres car je sais que tôt ou tard je rencontrerai un homme qui arrivera à fixer mon attention toute entière et c'est celui là que je m'efforce de rencontrer. On peut avoir de belles surprises même si c'est, je crois, en ne cherchant pas qu'on le trouve celui là. je ne peux même pas donner des critères de selection car je n'en ai pas. Des types d'hommes différents me plaisent et sont loin de mon idéal de beauté: la beauté noire, le corps d'un noir, l'odeur et la texture de sa peau (et le mythe du gros sexe peut aller au diable...).

Rompre mon célibat ne devra pas signifier, rompre avec mon indépendance. J'ai du mal à m'imaginer partager le quotidien d'un homme, me réveiller tous les matins à ses côtés, le prévenir si j'ai envie de sortir à 4h du matin pour aller marcher sous la pluie, qu'il me baille sa mauvaise haleine à la figure... Non! ou alors je veux un appartement avec une pièce à moi tout seul avec de la moquette au sol pour que je puisse me rouler dessus, des bibliothèques partout et une serrures qui ferme à clé.

16/09/2006

16/09/06 - 14:07

Nullité en informatique, édition numéro 2

Oyez Oyez braves gens!

J'ai de nombreuses qualités mais je suis une quiche en informatique. je promets amour gloire et beauté à quiconque peut m'aider dans mon travail.

Après avoir converti mon fichier PDF sous Word - entre nous le résultat est à chier car la mise en page n'est pas la même - je me retrouve confronté au problème suivant: je dois traduire des données qui se retrouvent dans des graphiques qui ne sont pas modifiables. Comment puis-je faire?

Si tu es mignon en plus d'être brillant informatiquement, je te fais une gâterie... c'est un bon deal non?

09/09/2006

09/09/06 - 22:49

Salut j'me présente...

J'm'appelle Fabrice...je suis nul en informatique! (acclamation de l'assistance telle les alcooliques anonymes avec bien sûr les applaudissements qui vont avec (c'est fou ce que je me sens diva tout d'un coup...)).

Je suis un petit nouveau pour plein de choses (pas le sexe...) mais je suis nouveau sur le site et surtout je commence une nouvelle aventure qui est la création d'une entreprise de traduction...puisque je suis traducteur et prof d'anglais.

Les cours de gestion me seront dispensés par des profs de la mairie de Paris mais les cours d'informatique...aie aie aie! j'en ai besoin maintenant! on vient de me filer un nouveau boulot mais le fichier est un PDF... comment je fais pour le modifier moi???

Si quelqu'un dans l'assistance peut m'aider, je promets d'être très très très...gentil avec lui...en lui montrant mon...sublime...genou (ettoi là bas dans le fond qui rigole avec le rire annal pour attirer le mal dominant, je t'envoie mes bodyguards si tu n'arrêtes pas de te moquer de moi...)!

Euh... à part ça, ça va bien... (dis je en clignant des cils de façon compulsive...)... Euh...une petite chanson? And IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII will alwayyyyyyyyyyyyyyyyys love youuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuououououou.....I aïe! (réception de tomates en pleine face!)

03/09/2006

03/09/06 - 15:46

Je suis un homme infidèle

Voilà un eu plus d'un an que je tiens un blog sur un autre site devenu tellement cher que j'ai envie de le déserter. A moins d'en imprimer les posts que j'y ai publiés, je ne pourrai me résoudre à le laisser à l'abandon.

Mon premier post, ici, sera consacré à l'un de mes films favoris que je viens de revoir pour au moins la dixième fois. Ce film ne parlera sans doute pas à la majorité d'entre vous car c'est un film coréen et j'espère que ce post fera naître quelques passions pour le cinéma asiatique.

"Printemps, Eté, Automne, Hiver...et Printemps". Kim Ki Duk, réalisateur entre autre de "Les Locataires" et de "L'île".

On pourrait aisément imaginer un film sur la vie telle que nous, européens, l'imaginons: le printemps comme naissance, l'été comme l'expression d'une vie entière, l'automne comme le début de la fin et l'hiver comme inexorable issue. Il n'en est rien. Ce que je comprends du film tient plus d'une vie considérée comme inévitable succession des différentes saisons, même si... et il est temps de commencer notre compte-rendu:

Mon histoire commence au printemps, j'ai environ 5 ou 6ans, je suis curieux mais un peu pervers. J'attache la queue d'un poisson, la patte d'une grenouille, la tête d'un serpent avec une corde au bout de laquelle est attachée une pierre. J'en ris de voir la difficulté que l'animal a pour se déplacer. J'en pleure quand mon maître, après avoir observé mon sadisme, me ligote avec une pierre grosse proportionnellement à la taille de l'animal piégé et m'ordonne de retrouver ces animaux pour les libérer avec l'affirmation que si jamais l'un de ces trois animaux étaient morts, je porterais ce fardeau dans mon coeur... Je le porterai au moins pour deux d'entre eux.

Mon histoire continue lorsque j'ai environ 15, 16 ou 17 ans. Mon maître m'a élevé, je suis sans doute passé par des étapes difficiles mis je n'ai pas été confronté à l'autre... l'autre sexe. Cette fille vient se faire soigner dans le sanctuaire qui me sert de maison depuis le début de mes souvenirs. Elle n'est pas foncièrement jolie mais elle est autre, l'autre qui complète ma vie, l'autre dans laquelle je peux m'emboiter. Le mythe platonicien et pourtant non platonique de l'androgyne est en place. La complétude est acquise. Je suis surpris par mon maître, elle doit partir, je ne peux rester sans elle. J'emporte la figure divine qui m'a servi de repère jusqu'à présent...

Je n'ai pas l'âge d'être à l'automne de ma vie, mais pourtant l'automne est pour moi une première tentative de mort. J'ai tué la femme que j'ai aimée, j'ai tué la femme que j'aimais et qui est partie avec un autre. Je suis recherché par la police, l'instance suprême qu'est la Justice, mais quelle autre instance que ma conscience peut-être justicière? J'ai envie de mourir mais ce serait trop facile d'après mon maître. Je suis forcé de graver dans le sol du temple l'expression de ma colère avant de purger ma peine légale.

Arrive l'hiver de ma vie, je n'ai que quarante ou cinquante ans. Je me vois recevoir le cadeau d'un apprenti. Sa mère me cède les droits dans une cérémonie très douloureuse mais pas théâtralisée à outrance. Je rends hommage à cette mère courageuse qui aimait sans doute son fils et qui me l'a laissé en héritage... Cette femme dont on ne verra jamais le visage parce qu'elle portera jusqu'à sa fin un mouchoir sur le visage, afin d'éponger et ses pleurs et son visage qui doit demeurer inconnu à ce nouvel apprenti que je vais éveiller au printemps de sa vie....